La Rétive, ses portes fermées, mais son équipe toujours là !

Étrange période…

Vu le contexte actuel, vous l’aurez compris, les activités de la Rétive en prennent un coup.

On sent bien que les mesures qui pleuvent les unes derrière les autres dépassent déjà aujourd’hui l’enjeu immédiat de cette crise sanitaire tristement réelle.

On sent bien que « l’après » s’annonce déjà comme mise au pas généralisée. Relance de l’économie. Injonction à l’effort national. Coupe drastiques dans le droit du travail, de circulation. Renforcement de l’État régalien…

L’avenir que nous préparent les puissants ne semble pas ressembler à la bouffée d’oxygène que provoque la mise à l’arrêt d’une part considérable de l’économie mondiale.

Arrêt d’usines, de chantiers de constructions, de l’industrie du tourisme, …

La dissipation des nuages de pollution en Chine, devrait se produire également en Europe.

Une bouffée d’oxygène donc.

Que ceux qui le peuvent en profitent un maximum car la suite risque plutôt de ressembler à un long concours d’apnée…

Avant demain, c’est aussi pour aujourd’hui que les vies de nombre d’entre nous risquent de ne pas être roses. Il y a évidemment les personnels soignants en première ligne de la gestion dramatique de cette épidémie. En première ligne des conséquences de nombreuses années de coupes budgétaires et de réduction des moyens. Il y a aussi toutes les personnes confinées dans des apparts miteux, avec plusieurs gosses, des frigos parfois durs à remplir, des pertes de salaires nettes pour tous les emplois précaires stoppés sur le champ et sans contrepartie de chômage technique, des violences conjugales, des violences familiales, que la promiscuité n’aidera pas à arranger.

Il y a aussi toutes les personnes sans papiers aux vies déjà suffisamment précaires en temps « normal » pour lesquelles l’interdiction de travailler légalement impose de passer par des systèmes D pour survivre. Vie impossible également pour les personnes à la rue ou vivant dans des abris de fortune dans ces nouveaux bidonvilles qui ressurgissent à la périphérie des grandes villes. Avec le confinement, les couvre-feux qui se répandent, ce sont ces systèmes D qui s’amenuisent… Mais c’est encore des situations dramatiques pour tout·e·s les enfermé·e·s que ce soit dans les centres de rétention ou les centres pénitentiaires, les parloirs disparaissent, tout comme les sorties en promenades remplacées par le confinement en cellule. Cellules de 9m2 où l’on entasse les gens à 2, 3, 4, ou plus encore… Mais c’est également les innombrables caissières et travailleurs des supermarchés, confronté·e·s à des hordes de consommateurs à la peur attisée par les médias et contraint·e·s de continuer à travailler, souvent sans protections.

Samedi 21 mars aura aussi été le premier samedi depuis près d’un an et demi sans manifestations de Gilets Jaunes. La contestation sociale est aujourd’hui grandement paralysée. Pour combien de temps encore ?

« Vous l’aurez compris, vous le pressentez, cette crise sanitaire sans précédent aura des conséquences humaines, sociales, économiques majeures. » nous prévenait Macron lundi 16 mars.

Prédication ou injonction ?

Dans ce contexte, et dans l’immédiat, la Rétive est contrainte de garder ses portes fermées. Le programme des activités prévues pour les mois de mars et avril reste dans les tiroirs. On le garde au chaud et on espère pouvoir se retrouver au plus vite.

En attendant, des portes fermées ne signifient pas une disparition du souci de regard critique, du souci de solidarité, du besoin de remettre en cause l’ordre des choses existant.

Car si l’après-Corona s’annonce particulièrement violent pour tous les travailleurs, les chômeurs et les plus démunis, il n’est pas insensé d’imaginer que cette violence poussera nombre d’entre eux dans la rue. Car accepterons-nous de travailler toujours plus pour rembourser une dette impossible à rembourser et dont seul le système est responsable ? Accepterons-nous de recommencer comme avant pour courir à de nouveaux désastres sanitaires, écologiques?

L’avenir nous le dira.

Mais en attendant, le temps de cette fermeture, à travers son adresse mail (laretive@riseup.net) l’équipe de la Rétive reste à l’écoute et disposée à faire circuler des témoignages, réflexions, textes d’analyse, des appels à solidarité, à coups de main (courses, problèmes liés au logement, énergie, problèmes liés au taf…)…

Courage à toutes et à tous et à très vite !

L’équipe de la Rétive