Nous reprenons le cycle des riches échanges que nous avions initiés au printemps dernier. Le prochain sujet est:
« Du mouvement des Gilets jaunes au Mouvement du 10 sept, en passant par les mobilisations syndicales et au regard des mouvements à l’international : Quelle place pour les perspectives révolutionnaires ? »
2018 a vu naître une lutte d’ampleur, autonome et spontanée, telle que nous n’en avions jamais connu : le mouvement des Gilets Jaunes. Ce soulèvement a eu un écho international en lien avec d’autres mouvements sociaux à travers le monde. Les partis et syndicats de gauche et d’extrême-gauche, comme une grande partie des groupes anarchistes ou autonomes s’en sont méfiés et ne se sont pas impliqués. Le pas révolutionnaire n’a pas été franchi et après une courte période d’ascension insurrectionnelle, il a connu une lente fin. La répression et le manque de perspectives communes du mouvement semblent bien être les clés de ce déclin. Mais ce mouvement reste une référence encore aujourd’hui.
Depuis, nous avons connu plusieurs tentatives de mouvements « citoyens » et syndicaux : contre la réforme de l’assurance chômage, le passe-sanitaire ou contre la réforme des retraites. Ces mouvements ont échoué malgré des mobilisations parfois numériquement conséquentes.
En septembre 2025, l’appel Bloquons tout ! qui émanait probablement de petits groupes d’extrême-droite au départ, a été repris par des « groupes citoyens ». Ces « assemblées », réunions élargies de militants de gauche et de personnes politisées plus ou moins jeunes, étaient relativement nombreuses. Le 10/09 fût un jour de mobilisation non négligeable avec quelques dépassements locaux (manif sauvage à plus de 1000 personnes à Alès par exemple), mais ce fut un coup d’épée dans l’eau. La dynamique n’a pas pris et les syndicats ont participé au retour au calme, en cadrant fermement les manifestations pour éviter tous débordements et en reprenant la main sur l’agenda en appelant à des journées de grèves perlées assorties de manifestations symboliques. Le mouvement du 10 septembre qui se voulait dans la foulée des Gilets Jaunes s’arrêta à peine né.
Ailleurs sur la planète nous voyons, depuis au moins 15 ans, des mouvements de révoltes, dont certains ont provoqué des changements de régime. Ils reprennent un certains nombres d’aspects que nous avons connus lors du mouvement des Gilets jaunes ou de l’éphémère 10 septembre : auto-organisation à la base, rôle de mobilisation et de coordination des réseaux sociaux, refus des leaders, affirmation d’une volonté de « démocratie » au niveau politique (d’un refus des castes au pouvoir dans les pays dits autoritaires à la critique de la démocratie représentative dans les démocratie bourgeoise) et d’égalité économique. Ces mouvements portent aussi une dimension internationale, a minima par l’écho qui se diffuse d’un pays à l’autre (Gilets jaunes repris dans de nombreux pays, drapeau One piece…)
Des Printemps arabes, aux Mouvements de la Gen Z (Sri Lanka, Népal, Madagascar, Maroc…), en passant par le Mouvement des parapluies à Hong Kong ou celui Femme, vie, liberté en Iran), nous voyons bien un vent d’émancipation sociale et politique balayé le monde (avec aussi évidemment ses contres-feux réactionnaires et fascisants). Certains de nos mouvements de révoltes sont défaits violemment, et d’autres obtiennent des victoires. Mais quels qu’ils soient, nous n’arrivons pas à casser le moule de l’oppression et de l’exploitation, et même lors de réussites partielles, le retour à la normale de l’autorité et de la marchandise est inéluctable et toujours extrêmement violent.
Ce contexte global soulève de nombreuses questions et reflexions quant à nos praxis. Nous souhaitons en débattre avec ceux et celles qui sont épris de ces désirs de liberté et d’égalité, sociales et politiques :
– Quelles luttes peuvent amener au dépassement d’un affrontement partiel avec l’État ?
– Quelles formes de luttes pour contrer l’hégémonie capitaliste, nous mener à l’attaque et renverser le système ?
– Quelles perspectives révolutionnaires peuvent porter les révoltés et les mouvements sociaux ?
– Qu’est-ce que les révolutionnaires peuvent apporter dans ces processus ?
Retrouvons nous le vendredi 21 novembre à 19h pour débattre de tout cela et pour nous renforcer dans nos combats !

